La Tour de l’horloge, Tour du Clocher, Tour du Sarret….

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La Tour de l’horloge, Tour du Clocher, Tour du Sarret….

fut la 2ème église de Roquevaire, Notre-Dame de Lausa

Cette tour équipée d’une horloge et surmontée d’un campanile est un cliché incontournable pour Roquevaire.  Au bas de l’édifice une table d’orientation réalisée par Francis Lascour, célèbre artiste local, permet de découvrir à 360° tout le territoire communal. Sa situation en surplomb la rend visible de loin et le son de ses cloches pour donner l’heure fait partie du quotidien. On peut y accéder à pied en gravissant de nombreuses marches par la rue du Calvaire ou la rue du Vieux Four.

Mais connaissez-vous son histoire ? Ce fut la deuxième église de Roquevaire, Notre-Dame de Lausa.

La première église Saint-Vincent dans le vallon du même nom, supposée dater du VIème ou VIIème siècle, fut bâtie sur les berges de l’Huveaune près de l’agglomération de Lasa, origine de Roquevaire. Ses vestiges restent visibles dans l’enceinte des services techniques. Elle fut construite à l’époque mérovingienne sur l’emplacement d’une villa ou d’un temple romain.

Au moyen-âge, en l’espace d’un siècle, de 1150 à 1250, furent construits le château, le village et la deuxième église Notre-Dame de Lausa qui reléguèrent rapidement au second plan le site de Lasa et la première église Saint-Vincent.

Cette nouvelle église fût érigée non loin du château, sur le rocher du Sarret, en léger contrebas de la Ville-vieille, sur une plateforme aménagée d’environ 40 m sur 18m et pour une population de 500 habitants environ. Son entrée était à l’est mais son architecture détaillée reste inconnue. Le cimetière s’étalait sur les 2 côtés nord et ouest et abritait notamment les tombeaux des seigneurs dont ceux de la famille de Flotte.

C’est l’Evêché de Marseille qui percevait les droits, ladite dîme! Selon des écrits de 1266, c’est le sacriste, Chanoine du Chapitre de la Major qui était titulaire de l’église de Roquevaire. D’autres droits, dont ceux de l’abbaye de Saint-Pons ou l’abbaye Saint-Sauveur apparaissent plusieurs écrits après 1212 ; ceux de Saint-Pons disparaissent en 1405 comme ceux de Saint-Sauveur suite à 2 rachats, contre une rente par Pelet (1305) rachetée par Bertrand de Marseille (1364) contre un capital.

En 1545, l’église féodale après 300 ans d’existence fut entièrement reconstruite par le maçon Antoine Bottier d’Auriol pour un montant de 475 florins dans les mêmes dimensions qu’à l’origine, avec son clocher carré et son toit de tuiles, autour de laquelle le cimetière fut le cadre de nombreux faits historiques : assemblée municipale (1577), pendaison des insurgés en 1593; à nouveau dégradée en 1584 puis restaurée elle sera reconsacrée par l’évêque le 6 juillet 1593.

A nouveau très délabrée au début du XVIIème siècle, l’évêque ordonna à nouveau sa réparation (1638), mais très rapidement sa dégradation s’amplifia en quelques dizaines d’années.

L’église médiévale fut ainsi délaissée au profit d’une nouvelle église plus grande et plus moderne ;   après une première délibération en 1650 pour son implantation, quartier des Pénitents, rive droite et malgré le début des travaux le projet fut abandonné. Deux nouveaux projets furent proposés en 1684, l’un toujours sur la rive droite et l’autre par François de Flotte, sur ses terres face à son hôtel particulier rue Longue (toujours visible) qui sera retenu.

L’église Notre-Dame de Lausa disparaîtra après 5 siècles d’existence.  Elle sera maintenue en service puis interdite dès que la nouvelle église eût été couverte (1718). L’office continua provisoirement dans la chapelle des Pénitents (salle Mgr Fabre). Dite abandonnée en 1794 (estimée à 600 livres), elle sera rasée à l’exception de son clocher qui reste le seul témoin visible et devenu l’horloge municipale.

De son mobilier, il ne resterait que le Christ en bois d’Ecole espagnole, placé actuellement au-dessus de l’autel de l’église contemporaine Saint-Vincent, consacrée il y a plus de 3 siècles !

Son nom Notre-Dame de Lausa, plus exactement Notre-Dame de la Lause, Lausa en langue romane et lauve en provençal signifie pierre plate, fait référence à la plateforme du rocher sur laquelle elle fut édifiée.

La construction de la nouvelle église durera de 1707 à 1738 pour être consacrée en 1738 par Mgr Belzunce le célèbre évêque de Marseille.

Sources archives municipales et « Petite histoire de Roquevaire » de René Verrier (1939 et 1941)

Edition 2020 - Christian Ollivier - Adjoint au maire de Roquevaire - Vie Associative – Tourisme Patrimoine naturel et culturel