Sainte Marthe, l’hôtesse du Christ, vous invite à Tarascon
Sainte Marthe, dont les reliques sont à Tarascon, est connue dans l’Evangile pour avoir accueilli le Christ dans sa maison de Béthanie en Palestine. «L’hôtesse du Christ » est votre hôte.
Marthe est connue grâce au récit de l’évangile de Luc (X, 38-42). Marthe s’affaire pour recevoir le Seigneur et probablement aussi les apôtres, alors que Marie ne bouge pas, assise aux pieds de Jésus, à l’écouter. Marthe fait remarquer à Jésus que sa sœur Marie est là, «sans rien faire». Le Christ ne l’épargne pas, lui répondant : « Marthe, tu t’agites, tu t’agites … Et ta sœur a pris la meilleure part ! ».

Qui de nous, ayant préparé un repas pour une quinzaine de personnes, aurait su garder son sang froid comme Marthe le fait? Que se passe t il dans le cœur de Marthe ? Comprend-elle alors que Jésus est plus qu’un simple ami, comme l’a déjà compris Marie ? Probablement, car dans le récit suivant, c’est elle qui va chercher Jésus avec cette parole de foi extraordinaire : « Seigneur si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ! »

Voilà. Ce sont ces gens animés d’une foi extraordinaire, chassés de leur pays, qui vont arriver sur notre terre de Provence. La tradition dit que « la famille de Béthanie », (Marie-Madeleine, Lazare et Marthe), en débarquant aux Saintes Maries, a pris trois directions différentes.

Marthe, elle, s’est dirigée vers Avignon et évangélisait les foules au bord du Rhône. Or un enfant se noie en tentant de traverser le fleuve pour l’écouter
Forte de sa foi, elle le ressuscite. Les Tarasconnais entendent cette merveille et demande à Marthe de venir sur leur rocher « Tarasco » pour les sauver d’un monstre immonde qui habite sur les bords du Rhône et dévore les habitants qui s’y risquent. Marthe vient à leur secours. Elle ne tue pas le monstre, elle lui intime l’ordre de faire le bien. « La Tarasque » s’adoucit à ses pieds ! La légende dit que les Tarasconnais moins confiants la tuent.

Marthe reste à Tarascon… Vingt siècles plus tard voilà ce que disent les analyses.
Les ossements, abrités dans une tombe creusée dans la pierre et placée sous l’église, sont ceux d’une femme du premier siècle, n’ayant pas été martyrisée, de type méditerranéen, mesurant 1m60….

Or, dès 1187, lors de la construction de l’église, l’archevêque d’Arles et l’archevêque d’Avignon relèvent les reliques de saint Marthe et consacrent l’église, comme l’atteste une plaque insérée à gauche du majestueux portail roman coté sud.

La ferveur des Tarasconnais pour leur sainte est toujours d’actualité. Une statue de sainte Marthe est même sur la façade de la mairie. Au-dessus de Marianne ! Elle est, bien sûr, la patronne de la ville.
Des fêtes sont instituées au XVème siècle par le Bon Roi René dont le château fait face à la Collégiale, perdurent toujours :
Tous les ans pour les fêtes de la ville, une énorme « Tarasque » tirée par les « Tarascaïres » (hommes vêtus du costume dessiné par le Roi René,) parcourt les rues de la ville, terrifiant les habitants. A l’arrivée devant le porche de la Collégiale une petite fille habillée en sainte Marthe présente l’eau bénite au prêtre, lequel, comme sainte Marthe, bénit la bête…. et les habitants.

Le Roi René, avait une grande dévotion pour « Madame Marthe ». Son neveu Louis XI aura la même ferveur envers la sainte, et offre un magnifique reliquaire de 50 kilos d’or pour abriter « le chef » de la sainte. Hélas, la révolution a emporté tout cela. Mais une réplique en bronze le remplace maintenant.

Le porche roman a beaucoup souffert des révolutionnaires, mais lorsque ceux-ci ont voulu entrer dans l’église basse où se trouvent les reliques, une force incroyable les a empêchés d’avancer.

Les bombardements d’août 1944 ont largement ébranlé l’église, mais là, avec une force incroyable, les Tarasconnais ont reconstruit leur église.
De nombreux rois, papes, saints, sont venus prier et demander des grâces à sainte Marthe. Sainte Marthe est la patronne des hôteliers (elle a reçu le Christ), de Tarascon et des « Maîtresse de maison ». Marthe, en araméen, signifie maîtresse de maison.
La Collégiale de Tarascon abrite de nombreux tableaux de Parrocel, Mignard, Hans Cremer, Van Loo, Joseph Marie Vien, un buffet d’orgues de Charles Boisselin, des reliques de nombreux saints et bienheureux (Père Marie Eugène de l’Enfant Jésus), une relique de la couronne du Christ et de nombreuses statues…. Une équipe d’accueil de la Pastorale du Tourisme est présente pendant l’été.
Venez rejoindre les nombreux pèlerins venant du monde entier. Comme cette touriste américaine, qui venait expressément de l’Ohio pour remercier sainte Marthe d’avoir « su maintenir son cancer comme elle avait su maintenir la Tarasque » !
Venez solliciter sainte Marthe pour lutter contre le mal et tous les maux.
La devise qui lui est attribuée: « sollicita non turbatur » (sollicitée, jamais dérangée).

