Instruments de musique de Provence

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Instruments de musique de Provence

Les instruments traditionnels du folklore provençal sont le galoubet et letambourin, types d’instruments qu’on trouve déjà dans l’antiquité égyptienne ou grecque.

Au Moyen-âge, on trouve beaucoup de «flûtes tambourines » : un seul musicien joue de la flûte d’une main et joue le tambourin avec une baguette appelée massette tenue dans l’autre main. C’est le cas des trouvères et troubadours qui animent les « cours d’amour ». Dans les grottes préhistoriques et à Luchon, on peut voir des flûtes à trois trous en os. Les bergers utilisaient des flûtiaux qu’ils fabriquaient eux-mêmes en bois.

C’est au XVIIIe siècle qu’apparait le galoubet (de l’ancien provençal « gal » = gai et « aubet » = hautbois), plus aigu, et le tambourin devient plus gros, et donc plus grave pour atténuer son effet aigrelet : 30 cm de diamètre pour 60 cm de hauteur environ. Sa taille évolue jusqu’à la fin XIXe siècle, où elle s’adapte aux contraintes du transport par train : le tambourin est rétréci au format « dit SNCF », c’est-à-dire 34 cm sur 68 cm de haut, ce qui permet de le placer dans le porte-bagages pour ne pas payer une place assise.

Au tournant des XIXe-XXe siècles, Frédéric Mistral crée le Félibrige avec 6 autres comparses : ils encouragent les sociétés de tambourinaires à animer les bals de villages pour que les instruments traditionnels ne disparaissent pas au profit des fanfares. Le tambourinaire joue conjointement du galoubet et du tambourin.

Le tambourin est fabriqué en bois massif, le plus souvent en tilleul ou en noyer, sculpté de décors = baguettes, branches d’olivier, rosaces, blasons,… selon les souhaits et moyens financiers des clients. A l’heure actuelle, les plus ordinaires, donc moins chers, sont en contreplaqué.

Le galoubet (nom provençal de la flûte à trois trous) est fait de bois dur ou fruitier : ébène, palissandre, buis, olivier, amandier. La tessiture du galoubet est d’une octave et demie + 1. Selon l’intensité du souffle, avec un même doigté, on peut avoir des notes différentes (jusqu’à 6). Chaque galoubet a sa propre tonalité, du Ré aigu au Ré grave. Le modèle le plus traditionnel est en Si bémol, dit Saint-Barnabé, un peu plus grave que le Si naturel. Les galoubets les plus prestigieux sont en ébène, bagués d’os ou d’ivoire.

Ces informations découlent d’un entretien avec Paul Uleri, musicien et facteur d’instruments de Nans-les-Pins, qui prend la suite. On peut voir son site : http://paululeri.wixsite.com/galoubets

Ecrit par Martine Castell Dargassies - Edition 2018