Je me souviens…

Je me souviens…

Je me souviens…

J’habite Impasse des Cuves à Carces. En 1957, j’avais 10 ans et j’habitais un quartier qui a connu une véritable histoire. On comptait 14 chevaux entre la Rue et l’Impasse des Cuves et près de 150 pour le village. Le cheval était vraiment « outil » essentiel pour l’Homme qui travaillait la terre.

Dans cette impasse, il y avait principalement des remises avec leur grenier, il n’y avait que 2 maison d’habitation ! C’est ici qu’avait lieu le regroupement des troupeaux de brebis de plusieurs villages (Monfort, Le Val, Vins..) avant de partir sur les hauteurs d’Allos.

Ma jeunesse a été riche d’enseignements, et j’ai appris le Provençal au contact des paysans.

Juste avant la rentrée, on prenait le bus pour aller à la ville (Brignoles) pour acheter des vêtements choisis par nos mamans. C’était un grand jour !

Au moment des fêtes de Noël, Je me souviens de de ces grandes réunions familiales avec les lotos, qui venaient remplir les trois salles du Bar du Village.

Puis en Octobre, arrivait le temps des vendanges, avec le Banaston et la Cornue. Le Banaston était un récipient qui servait à transporter le raisin. Puis « l’ensaquaire » venait écraser le raisin dans la Cornue qui devait rester étanche. D’où le fait de les maintenir mouillées régulièrement..

Le vigneron partait avec un petit récipient appelé « Baraquin », pour y mettre son « Fricot », qui allait être réchauffé le cas échéant sur un feu de sarments. Depuis la fenêtre de l’école, on voyait ces convois de chevaux qui apportaient le raisin à la coopérative. Certains chevaux en profitaient pour manger ce qu’il y avait dans la charrette de devant, ce qui pouvait les rendre saoul ou malade.

Dans ce lieu existait un vrai esprit communautaire, et avec le temps on l’a nommé « Commune libre des Remises ».

Puis j’ai réussi ce que certains appelait « l’examen de Paris » qui était en fait le CAPES. J’ai la chance de bénéficier d’un prénom fêté deux fois par an Jean et Jean partajoun l’an. Et j’ai eu le plaisir à expliquer pourquoi le Ciel était bleu, pourquoi une pierre tombait, alors non, la curiosité n’est pas un vilain défaut ! La prochaine fois, je vous expliquerai d’où vient l’expression « prendre l’air ».

Édition 2027 - Jean Zunino