De Saint Zacharie à Nans-les Pins, toute une histoire

De Saint Zacharie à Nans-les Pins, toute une histoire

De Saint Zacharie à Nans-les Pins, toute une histoire

Saint Zacharie

Après la victoire de Guillaume le Libérateur contre les Maures, un prêtre et deux ou trois moines décidèrent de relever l’église ruinée du 2e siècle et bâtirent celle de 1034 au Hameau de Rastoin, qui devint Saint-Zacharie, en l’honneur de l’époux d’Elisabeth, père de Saint Jean-Baptiste. Cette cité mérite une visite à pied d’une petite heure à la découverte de son patrimoine et de ses seize fontaines.

Depuis l’Office de Tourisme, Square Reda Caire (du nom du chanteur de charme qui a fréquenté la commune au début du 20e, remarquez la Maison du Peuple, style années 20-30. Remontez le Bd de la Libération puis le Bd Bernard Palissy à l’angle de la Bibliothèque. Tout au bout à droite s’élèvent quatre fours à céramique du 19e récemment restaurés, seuls vestiges d’une industrie de la terre cuite qui anima le bourg jusqu’en 1930. En arrière des fours, descendez vers le terrain de boules, longez-le tout le long de la rivière Huveaune. Remarquez le lavoir, à gauche en contrebas. Remontez alors à la Place Dreo et sa fontaine 19e dont l’eau alimentait l’alambic ambulant ; puis rejoigniez l’église vers le haut du village.

La Place Gabriel Peri est dominée par le clocher dont on aperçoit une belle cloche vert-de-grisée. Revenez par le Cours Marceau et admirez la boutique d’Emmanuelle Not, sculpteur sur argile. Sur le Cours Louis Blanc, le Cercle du 21 Septembre accueille ses abonnés. Construit en 1882 par les syndicats de céramistes et les industriels, il est décoré de magnifiques céramiques émaillées. En repartant vers le centre, le regard se porte sur la Fontaine de la Place de la Céramique, édifiée en 1994 pour rappeler les « années fastes de l’industrie céramique zacharienne ».

Première commune du Var en venant de Roquevaire, ce bourg est le point de départ de randonnées sur le flanc nord de la Sainte-Baume. Une balade de 5,4 Km (AR) mène du centre ville à un vestige de voie pavée romaine en suivant le tracé bleu. En chemin : l’oratoire Saint-Roch, le lavoir au fond couvert de carreaux de céramique locale, l’oratoire Saint-Pierre, la source des Nayes décorée de verdure et de griffons.

Deux autres itinéraires, de 16 et 17 Km continuent sur ce même tracé bleu jusqu’à la Bergerie de Peyruis, soit par la piste de l’eau (Pont d’Angèle, source du ruisseau de Peyruis et oratoire de Saint-Jacques le Majeur) soit par la forêt du Défens où restent les vestiges d’une verrerie et de charbonnières.

A la sortie Est de Saint Zacharie, la route de Brignoles longe en serpentant, le cours de l’Huveaune, qui alimentait un moulin à eau ; les locaux l’appellent « la Sambuc », ce qui indique un passage dangereux. Cinq kilomètres plus haut, une route mène à droite vers le bourg de…

Nans-les-Pins,

classé « station touristique » en 1932. Sur son blason, quatre roses rouges occupent les quartiers dessinés par une croix noire (symbole de croisade ou pèlerinage comme pour Marseille et Toulon) sur fond or. Jusqu’en 1920, le village s’appelait simplement Nans, d’un nom celte désignant une vallée. On y a trouvé des traces d’occupation humaine remontant à la préhistoire, puis à l’occupation romaine. A l’époque carolingienne, son territoire appartenait à l’abbaye marseillaise de Saint-Victor, comme l’atteste son cartulaire, et plus tard aussi aux vicomtes de Marseille. Une charte de 781 déclare que Sigofredus et son épouse Heurileuba font don de leurs possessions à L’Abbaye Saint-Victor. La date pourrait être en fait plus proche de l’an 1.000. Des lettres patentes de Charles IX confirmeront, cependant, l’indépendance de Nans vis-à-vis des Abbés ! Les Nansais étaient las de payer des droits à une Abbaye, alors qu’ils subissaient guerres, famines et épidémies. En hauteur, l’actuelle cité est dominée par le « Vieux Nans », village fortifié, église et château féodal dont les ruines, attirantes par leur mystère, témoignent de trois siècles de vie. Ils avaient remplacé un premier castellum du 8e siècle, dont l’avant-poste était l’oppidum celto-ligure de la colline Sainte-Croix. Les vestiges ont été datés des 12e-13e siècles ; ils s’étagent en altitude de 470 à 550 mètres. Au nord, la falaise fait office de rempart naturel, complété par une enceinte de pierres de 400 mètres, qui protège les trois hectares du « Fortalicium ». Au 14e, les faubourgs s’installent dans une extension hors remparts. L’année 1414 marque l’apogée du site qui compte environ mille habitants. Peu après, pourtant, le village va descendre pour se rapprocher des points d’eau, dont la source de Fontvieille. A partir du 16e, le nouveau Nans s’étire le long de la Grand’Rue en contrebas de la chapelle de la Miséricorde, due aux Pénitents Blancs qui l’édifièrent en 1623. C’est de ce lieu de culte que partait le « Chemin des Roys », peu carrossable, qui montait jusqu’à la grotte de La Sainte-Baume. Les Nansais en profitaient pour louer des ânes et mules aux pèlerins et voyageurs qui devaient quitter leurs calèches. La partie la plus récente, encore plus bas, est constituée de maisons du 19e siècle place de Verdun, rue de l’Eglise et sur le Cours aménagé par le baron Saint-Georges. Des artisans italiens immigrés y ont créé des demeures décorées de frises de céramique peinte comme sur leur Riviera. Ce quartier bénéficie d’un plan plus aéré et symétrique.

Nans-les Pins vit encore de son agriculture, mais aussi du tourisme grâce aux nombreux sentiers desservant son patrimoine ou menant aux sources de l’Huveaune.

Edition 2015 - Martine Castell