Les villages de la haute vallée de l’Huveaune

Les villages de la haute vallée de l’Huveaune

Les villages de la haute vallée de l’Huveaune

Saint-Zacharie

La création de Saint-Zacharie remonte exactement à l’an 1034.

A ce moment-là, si le centre du village s’appelait Rastoin, il existait deux hameaux, celui d’Orgnon et, dans la région actuelle de Saint-Victor, le hameau de « La Canorgue ». En 1030, un prêtre et un moine prirent possession de l’église ou plutôt des ruines de l’invasion sarrasine, et construisirent une église importante consacrée à Saint-Zacharie, Sainte-Elisabeth et Saint-Jean-Baptiste.

Cette église fut consacrée par l’Evêque Pons en 1033. En 1034, le hameau principal de Rastoin, groupé autour de l’église, décide de prendre le nom de son saint patron et c’est ainsi que Rastoin devient Saint-Zacharie (tout ce secteur d’ailleurs fait partie du territoire d’Auriol qui est immense à ce moment-là).

En 1213, le 4 septembre très exactement, un couvent de Bénédictins est créé près de l’église (il se trouvait à l’emplacement des maisons de la place Gabriel-Peri).

Ce couvent a disparu au moment de la Révolution de 1789, date à laquelle il fut vendu comme bien d’Etat.

En 1368, Saint-Zacharie obtint le 9 décembre son indépendance vis-à-vis du territoire d’Auriol grâce à une sentence arbitrale. Dès lors, le village va se constituer : en 1428, Orgnon demande à être rattaché à Saint-Zacharie et obtient cette autorisation en 1470, c’est-à-dire après une très longue période. Durant la même période, le hameau de la Canorgue fait de même, et c’est ainsi que la base de notre village actuel est constituée. Par la suite, les gens des hauteurs se rapprocheront de l’Huveaune et de l’axe principal les communications et le village sera beaucoup plus groupé.

Auriol

Le site est occupé à la préhistoire, comme l’attestent les grottes des Infernets, les abris dans les tufs de Pont-de-Joux qui ont fourni crânes, sépultures, haches du Néolithique.

A l’Antiquité, la population celto-ligure s’installe dans des oppidums comme en atteste les sites du Baou Rouge du Baou Redon. Le trésor d’Auriol témoigne de l’activité commerciale bien établie, notamment avec les massaliotes, colonie grecque établie dans la calanque du Lacydon dès le Vlème siècle av JC.

A l’époque Gallo-romaine AURIOLUM connaît un véritable développement. L’installation romaine se fait en deux étapes majeures. La première lors de la victoire en -102 av JC de Caius Marius sur les Teutons et les Cimbres dans la plaine de Pourrières et la vallée de l’Arc. La seconde lors de la victoire de Jules César sur Marseille en -49 av JC, où un grand nombre de territoires massaliotes sont redistribués aux généraux vainqueurs. Le site paléochrétien de St Pierre en témoigne.

Au Moyen-Âge, Auriol fut très actif aux côtés de Guillaume le Libérateur pour chasser les sarrasins. Ses leaders en sont récompensés et deviennent seigneurs avec l’appui de l’Abbaye de Saint-Victor. L’emplacement d’Auriol sur le chemin de pèlerinage à la Sainte Baume depuis Aix-en-Provence contribue à son essor et à son rayonnement. De 1576 à 1584, Auriol est ravagé par la peste. En 1593 le duc d’Épernon dévaste le château. En 1867 le trésor d’Auriol est découvert dans le quartier des Barres. En 1981 à lieu la tuerie d’Auriol.

Roquevaire

Les témoignages de la présence des premiers hommes remontent au paléolithique supérieur, à la grotte de la Saucette. Plus tard, c’est à l’oppidum de Lascours que furent trouvés ceux du mésolithique. La tribu Comane (tribu du peuple ségobrige) dont la capitale est à Allauch, rayonne dans toute la vallée de l’Huveaune quand en -600 avJC, les grecs fondent leur colonie à Marseille.

La conquête romaine (-110 et -46) puis leur installation, voient la construction de plusieurs villas dont celle de Lasa dans l’actuel quartier de St Vincent. Les invasions barbares ont bouleversé notre vallée durant les Ve et Vlème siècles. Les incursions sarrasines et leur installation au 9e siècle ont malmené les populations de nos villages jusqu’à ce que Guillaume le Libérateur les chasse définitivement de la Provence en 983,  et installe ses lieutenants et alliés dans des seigneuries. Celle d’Auriol, dont dépendait Roquevaire, vit Boniface de Reillane entamer une dynastie suzeraine des seigneurs de Roquevaire, qui cessa en 1365 lors de la vente du fief par la reine Jeanne  au Pape. Urbain V transfèrera la seigneurie aux bénédictins de ST Victor, qui la garderont jusqu’à la révolution sans toutefois porter préjudice aux droits des De Flotte, branche roquevairoise des seigneurs d’Auriol. Le roi René d’Anjou mourut le 10 juillet 1480.

Il avait déshérité son successeur naturel René II de Lorraine au profit de Charles V d’Anjou. N’ayant pas d’enfants, ce dernier légua son État à Louis XI et à ses successeurs. À sa mort en décembre 1481, la Provence passa au roi de France Louis XI. Aux 16e et 17e siècles, les familles De Flotte et De Cabre (De Cabre ayant acheté à St Victor les droits de la seigneurie) dirigent Roquevaire. D’autres grandes familles provencales acquerront des biens sur la commune (Riquetti, Covet, de Beausset etc..).

Aubagne

Peu de témoignages subsistent des périodes du Paléolithique sur le territoire d’Aubagne. En effet, cette plaine alluviale qui compose la majeure partie de sa surface, était dès ces époques recouverte de marécages qui ne permettaient aucun habitat ou activité humaine pouvant laisser une mémoire matérielle.

C’est au Néolithique que commencent à poindre quelques témoignages comme à la Font de mai et à la Croix du Garlaban ou plus récemment au sud du nouveau centre d’affaire d’Alta Rocca. En 2021, deux opérations de fouilles y ont été menées par l’Inrap. Les principaux vestiges mis au jour sont une portion de voie antique inédite, une nécropole tumulaire protohistorique, ainsi qu’un vaste habitat daté du Néolithique moyen (4600-3500 av. J.-C.),  et final (3500-2200 av. JC).  La nécropole protohistorique se développe désormais à minima sur environ 1,3 ha.

L’oppidum le plus important est celui des Gouttes, situé prés du Vallon des Dansaïres sur les contreforts ouest du Garlaban. Il semble avoir été occupé du 5e siècle avant J.-C. jusqu’au 2e siècle après J.-C. , après certainement plusieurs périodes d’abandon et de réoccupation.

La période romaine fut dominée par le rayonnement de Vicus Gargarius (St Jean de Garguier) duquel dépendait toute la vallée de l’Huveaune (de St Zacharie à St Marcel), le «Pagus Lucretius». Aubagne reste un territoire campagnard en développemeent pendant que Vicus Gargarius est supplanté par les villages catholiques de Saint Pierre et de Saint Clair durant la chute de l’empire romain, puis toute la période des invasions barbares et des atrocités sarrasines.

La ville actuelle s’est développée autour du château féodal dont on estime la construction au Xlème siècle. D’abord constitué de quelques rues concentriques, le village se vit ceinturé de remparts au 16e siècle sous la férule de Raymond II des Baux le disputant à la reine Jeanne.

Au 15e siècle, la ville déborda des remparts pour créer la « Ville Bassse » dont les maisons limitrophes s’aménagèrent en remparts sur leur partie extérieure. Aux 17e et 18e siècles, l’extension de la ville se fit sur l’autre rive du Merlançon. Les travaux sur l’Huveaune en 1838 permirent d’étendre la ville au sud.

La Penne-sur-Huveaune

La Penne-sur-Huveaune a un passé de plus de 2 000 ans.

Située sur une ancienne voie romaine (l’actuelle RN 8), la commune abrite notamment le Pennelus (ou Pennelle), un monument romain dont la construction remonterait à la fin du Ier siècle av. J.-C.

La fonction du Pennelus n’est pas clairement connue, pour certains il s’agirait d’un ancien tombeau (mais aucun corps ni sarcophage n’a été retrouvé), pour d’autres un monument érigé pour célébrer une bataille romaine (des monnaies antiques ont été découvertes à proximité) ou un mausolée (pour célébrer la mémoire de son bâtisseur).

Bernard Savelli formule l’hypothèse de l’intégration du Penellus dans les défenses de l’ancien château fort de Candolle au Moyen-Âge. À supposer que cette hypothèse soit vérifiée, elle ne nous renseigne pas sur la destination initiale du monument. Le Pennelus a été classé le 12 juillet 1886 au titre de monument historique de France.

Début 13e s. Le nom de La Penne est cité. Début 15e s. Le domaine est la propriété de Bertrand de Candolle. Le territoire passe aux évêques de Marseille jusqu’en 1789. 17e s. Territoire administrativement détaché d’Aubagne.

Découverte Sainte Baume

Edition 2026 - Claude Carbonnell