Pétrarque et la Sainte-Baume

Pétrarque et la Sainte-Baume

Pétrarque et la Sainte-Baume

François Pétrarque (Francesco Petrarca) naquit en 1304, à Arezzo, en Toscane, dans une famille patricienne de Florence (d’un père notaire). Il était très jeune quand ses parents, fuyant les troubles politiques qui sévissaient dans leur pays, vinrent s’installer d’abord à la cour pontificale d’Avignon, ensuite à Carpentras. Pendant son adolescence, François fit des études à Montpellier puis à Bologne. Après la mort de ses parents, délaissant le droit auquel il n’attachait aucun intérêt, il retourna à Avignon avec son jeune frère Gérard (Gherardo) dont il était très proche. Pendant quatre années, ils menèrent ensemble une vie heureuse d’insouciance et de fêtes, les « ordres mineurs » qu’ils avaient reçus leur assurant des revenus ecclésiastiques réguliers

Passionné de poésie et de littérature latine, Pétrarque voyagea beaucoup en Europe à la recherche de manuscrits anciens. Couronné « prince des poètes », il s’imposa comme érudit et fut le premier des grands humanistes de la Renaissance.

En 1327, une rencontre furtive mais éblouissante sous le porche d’une église, marqua sa vie et son œuvre littéraire : celle avec Laure de Noves (ou de Sade), la belle et inaccessible jeune fille de 17 ans qu’il a sublimée et qui fut l’objet principal de son inspiration. En 1336, François et Gérard accomplirent l’ascension du Mont Ventoux, ce qui était un exploit pour l’époque. Fuyant Avignon qu’il n’aimait pas, de 1338 à 1353, il s’établit à Fontaine-de-Vaucluse, sa « Thébaïde » solitaire et sauvage. Pétrarque ne s’est jamais marié mais il eut néanmoins trois enfants.

Il se rendit souvent et séjourna même à la Sainte-Baume dont le gardien, à cette époque, était le père Elie devenu son confident (d’après son ouvrage : « De la vie solitaire »). Séduit par le site et par la vie de Marie-Madeleine, il éprouva un regain de foi chrétienne et rédigea plusieurs poèmes en l’honneur de la sainte pénitente. En 1337, il y accompagna, ainsi qu’à Saint-Maximin, le jeune dauphin Humbert II du Viennois mais c’est en 1342, qu’il fit, avec son frère, un pèlerinage décisif pour les deux hommes. En effet, quelques mois plus tard, Gérard entrait à la chartreuse voisine de Montrieux, située à Méounes. Ayant perdu son fidèle compagnon de toujours, François poursuivit seul son chemin spirituel sans oublier celui à qui il écrivait régulièrement.

La terrible peste noire de 1348 décima la population provençale. Les 34 religieux de la chartreuse disparurent (décès ou fuites). Seul demeura Gérard, avec  un chien, pour enterrer les morts et défendre le monastère contre les brigands. Il participa ensuite au rétablissement de la communauté.

Pétrarque apprit que la belle Laure n’avait pas survécu à l’épidémie, de même que son ami et protecteur le cardinal Colonna. Après une visite à Montrieux, en 1354, il quitta définitivement la Provence pour l’Italie. Après avoir été ambassadeur au service des Visconti, il passa le reste de sa vie dans la contemplation et la glorification des œuvres divines. Son âme trouva le repos en 1374 à Arquà, près de Padoue (« adieu illusions et fortune…). Son œuvre la plus connue est le « Canzionere » (chansonnier), un recueil de 366 poèmes, maintes fois repris.

Edition 2026 - Alain Bontemps