La Confrérie de Saint Eloi

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La Confrérie de Saint Eloi

Le Gallo-romain Eloi est né dans le Limousin, fi n 6ème siècle d’une famille de paysans aisés. Il est devenu un orfèvre habile et honnête avant d’être appelé par le Roi Dagobert pour diriger les ateliers monétaires du royaume franc en 629. Très pieux, il fonde le monastère de Solignac en 632, puis entre dans les ordres à la mort de Dagobert. Il est nommé évêque de Noyon et Tournai en 641. Il décède en 660.

Saint-Éloi est très populaire en Provence où il est fêté deux fois : en hiver comme patron des orfèvres et en été pour les charretiers et les paysans. « Sant Aloi es un bouan sant, si festo dous coùp l’an. » Ce jour-là, c’est la fête des équidés de travail : ânes, mulets et chevaux de trait. Ils participent aux cavalcades, accompagnés de leurs maîtres en costumes traditionnels, pour être mis à l’honneur. A l’origine, les chevaux étaient décorés et menés à la main, sans cavaliers ni charettes. De nos jours, ils sont montés et attelés pour la beauté du spectacle folklorique.

La Confrérie permet de mutualiser les bêtes et les charrettes (peintes en bleu « charron », composé de bleu de Prusse et sulfate de baryte). Chaque village célèbre la Saint-Éloi en même temps que son Patron paroissial, pour se succéder tous les dimanches d’été. A Nans-les-Pins, il s’agit de Saint-Laurent et Saint-Sébastien.

Dans l’ordre, à parti r de début juin, on trouve Méounes et Signes le 25 juin, Auriol et Le Beausset le 2 juillet, Roquefort-la-Bédoule le 9 juillet, Gémenos le 30 juillet, Cuges-les-Pins et Nans-les-Pins le 6 août, Roquevaire le 15 août, Aubagne le 21 août et Lascours le 27 août.

Chaque village a sa bannière portée par le capitaine de cavalcade, vêtu du costume provençal. Celui-ci rappelle le rôle de défenseur du « capitaine de ville » du moyen-âge.

La création des confréries remonte au Moyen-âge et est liée à la pratique religieuse : les animaux et charrettes sont bénis.

Frédéric Mistral a conté une légende sur Saint-Éloi, qu’il jugeait orgueilleux. Quand il fut « manescaù » (= maréchal-ferrant), il se faisait appeler « Maître des Maîtres ». Dieu lui apparut pour le ramener à de meilleurs sentiments et le convertir.

Ecrit par Martine Castell, Dargessies - Edition 2017