Basilique Sainte Marie Madeleine

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Basilique Sainte Marie Madeleine

La Basilique Sainte Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume nous appelle à partager son éternité

Aujourd’hui notre pays connait de grandes difficultés à sauvegarder son patrimoine et tout particulièrement son patrimoine religieux. Depuis la séparation de l’Église et de l’État en 1905, l’entretien des églises incombe aux communes. L’incroyable basilique de Saint-Maximin qui depuis 1295 abrite majestueusement le tombeau de Marie-Madeleine, n’échappe pas à ce dispositif. Le monument historique est classé depuis 1840. Il bénéficie à ce titre, d’un statut particulier dans le patrimoine de notre pays, tout comme les objets mobiliers, eux aussi classés, qui en composent l’ornementation : Boiseries et Marbres sculptés, Tableaux, Retables, Chaire, Gloire, sans oublier les trésors comme la Chape de saint Louis d’Anjou et l’Orgue Isnard, connus dans le monde entier. Ceci ne permet pas de déroger aux dispositions précédemment énoncées mais seulement d’être aidé par l’Etat pour la conservation ou la restauration.

Au moment de la pose de la première pierre en 1295, le pape Boniface Viii et le roi Charles ii, ont permis aux deniers des Comtes de Provence et de la couronne de Naples de subvenir aux besoins de l’édifice. La cité bénéficia très tôt de privilèges tout comme les Dominicains du Couvent royal qui furent chargés de veiller sur le sanctuaire. Les étapes de la construction se sont succédées au rythme des financements des commanditaires. Le rattachement de la Provence à la couronne de France ainsi que les caisses vides des différents comtats, ne permirent jamais à cette construction gothique de trouver son achèvement. Sa façade aveugle se prolonge vers le sud par les pierres qui délimitent la base du clocher qui n’a jamais vu le jour. La rosace qui devait prendre place sur la façade principale n’est figurée qu’en trompe l’oeil sur la face interne de la basilique derrière le buff et d’orgue.

Si le sanctuaire au fil des siècles a conservé son aspect de basilique gothique inachevée, il s’est enrichi par son caractère exceptionnel de « troisième tombeau de la chrétienté ». Le « chef » de Sainte Marie-Madeleine, dans la crypte de la basilique, n’a cessé d’attirer des foules de pèlerins ou bon nombre de touristes aujourd’hui, même si la fréquentation des lieux sacrés varie en fonction des époques et les modes.

Aujourd’hui l’édifice souffre cruellement des dégâts des eaux cumulés au cours des ans et des siècles. Un grand programme d’étanchéité de la toiture et des vitraux est en cours pour une durée de quatre ans. C’est un chantier indispensable qui doit être suivi de près et accompagné de la réhabilitation des objets mobiliers endommagés. L’Association des Amis de la Basilique est une association laïque qui se mobilise depuis vingt ans pour accompagner la municipalité dans la sauvegarde des trésors de ce patrimoine chrétien de Provence. Le projet de restauration du Choeur sur les trois ans à venir permet de poursuivre son action dans le respect des partenariats avec les collectivités territoriales et les monuments historiques. Nul ne peut-être indifférent aux toiles moisies et déchirées, aux boiseries qui tombent en poussière ou aux marbres décomposés de la basilique dont la beauté est à couper le souffle … Aidons-la !

www.lesamisdelabasilique.fr

Ecrit par Françoise Sur - Edition 2015